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Trek/Alpinisme : Maroc 2010 - Haut Atlas

Premier 4000m hors de nos frontières

Poster de l’expédition

La version non redimensionnée est ici

L’objectif

Ascension du Jbel Toubkal, le sommet de l’Afrique du nord. Comme une préparation à un 2ème volet à venir dans les sphères chaudes (certainement le Kilimandjaro).

Cela faisait 3 ans que mon père m’en avait parlé pour la première fois. "Tu sais qu’il existe un sommet de plus de 4000 mètres au Maroc" m’a t-il dit. Tout ceci n’était resté jusqu’alors qu’une hypothétique ascension lointaine.

En effet, notre projet Islande 2010 avait du plomb dans l’aile !! Nous n’avions pas préparé grand chose et financièrement le séjour semblait un peu lourd. L’avenir nous donnera raison avec le problème de l’éruption des volcans islandais en Mars 2010 qui immobilisa le trafic aérien durant plusieurs semaines.

Nous avons donc choisi de nous tourner vers ce sommet mythique de l’Afrique du nord. Culminant du haut de ses 4167 mètres au milieu de la chaîne de l’Atlas, ce sommet est planté en pleine terre berbère à l’intérieur du parc national qui porte son nom. Il est situé à 63 km au sud de Marrakech, dans la province d’Al Haouz.

31° 03′ 43″ Nord
7° 54′ 58″ Ouest

Le climat

Le Haut Atlas comporte deux types de climats montagnards.

L’un est subtropical océanique : et se manifeste sur les versants nord et sud de la partie occidentale (jusqu’au Jbel Toubkal) ainsi que le versant nord de la partie centrale (du Toubkal jusqu’à Imilchil). Exposés aux perturbations venant de l’Atlantique, le climat est relativement humide avec des précipitations espacées mais parfois diluviennes. Il tombe entre 600 et 1000 mm d’eau par an en moyenne. La sécheresse estivale, entrecoupée de rares orages, est intense. L’enneigement est généralement tenace au-dessus de 2 500 à 3 500 mètres de novembre à avril et peut persister de septembre à juin pour les hauts sommets (avec de grosses variations selon l’exposition). Quelques rivières ne sont jamais asséchées (asif Melloul, oued n’Fis, oued Tessaout...), alimentant de fertiles bassins d’altitude : Aït Bou Guemez, Imilchil... Ces conditions permettent l’existence de la forêt (pins, chênes verts, thuyas...) mais celle-ci décline à cause du triple effet de l’asséchement du climat, de la surexploitation (chauffage et construction) et du sur-pâturage ovin-caprin.

L’autre climat est semi-désertique continental : il se manifeste sur le versant sud de la partie centrale (du Toubkal à Imilchil) et toute la partie orientale (au-delà d’Imilchil), avec des amplitudes thermiques marquées. Ici, s’étendent de hautes steppes, des déserts de pierres et plus rarement de sable, et quelques vallées pourvues en eau où l’agriculture, très localisée, est possible. La forêt est quasi absente. Ce climat est identique à celui que l’on trouve au niveau des montagnes Rocheuses des États-Unis.

Finalement les températures se révèleront clémentes car nous avons eu en moyenne autour de 15 à 20°C et au plus bas -7°C durant la nuit passée à la belle étoile au pied du Toubkal.

La température décroît avec l’altitude.
La diminution moyenne est de 0,4 à 0,5 °C par 100 mètres d’élévation... (contre 1°C/100m sous nos latitudes) C’est pour cela qu’en été, il fait bon randonner dans le Haut-Atlas.

Samedi 8 mai 2010

07h00

Nous prenons le train tout les trois en direction de Paris depuis Brive-la-Gaillarde. Nous sommes moyennement chargés et nous avons que quelques mètres à parcourir pour aller à la gare.

11h20

Arrivée à la gare d’Austerlitz, il y a comme une routine qui s’installe... On s’engage dans le métro mais pour une fois nous décidons de passer par le pont de Rungis pour aller à Orly.

12h30

Un peu en avance à la gare, nous avons pleinement le temps d’apprécier un diner qui n’a d’exceptionnel que le prix. Pour se rendre l’attente plus agréable, nous achetons une revue sur la photographie. C’est la première fois qu’Aline prend un avion de ligne !

15h20

Envol vers Marrakech, Aline est baptisée.

23h50

Arrivée à l’aéroport de Marrakech, nous avons perdu une heure en route avec le décalage horaire. Nous allons passer la nuit entière à l’aéroport, pas terrible comme premier contact avec le continent africain. Aline arrivera tout de même à aligner 1 à 2 heures de sommeil, ce qui constitue en soi dans les conditions présentes une véritable performance !!

Dimanche 9 mai 2010

7h00

Enfin, c’est la fin du calvaire... Mais bon prenons les choses du bon pied, il est tôt et le climat dehors est frais ! Nous commençons nos investigations dans l’optique de trouver le taxi qui nous emmènera au pied de l’atlas. Ayant à peine eu le temps de le dire, un conducteur de taxi avec un habit dans le plus pur style berbère nous propose la course en marmonnant "Imlil !!". On nous avait prévenu qu’il était impératif de négocier, difficile pour nous ... ce n’est pas dans notre éducation d’européen de négocier tout achat. Enfin je me lance à proposer 120 dirhams pour la course vers Imlil. Visiblement mon interlocuteur semble choqué de ma proposition. Et il rétorque "700 dirhams pour tout le monde à Imlil DIRECT", en insistant bien sur ce dernier mot. Nous discutons ensemble mais le prix semble bien plus élevé que ce que l’on attendait. D’autres conducteurs de taxi autour de lui nous lance une avalanche de "c’est un bon prix, c’est un bon prix". Devant notre empressement jumelé avec notre envie de quitter cette ville dont l’effervescence nous fatiguait, nous finissons par accepter son offre. Nous sommes pressés d’en finir et de ne plus parler d’argent et d’être au grand air !!

Nous chargeons les bagages dans le taxi flambant neuf de marque "Mercedes" (ironique) et c’est parti. Notre conducteur parle un français parfait, du coups il nous offre une mine de renseignements sur le Maroc et l’atlas. Après la ville marocaine typique ornée de ses couleurs chaudes, de grandes lignes droites se dressent à travers un paysage aride mais tout de même cultivé. Après la ville d’Asni (dernière vraie ville avant l’atlas), les routes deviennent une succession de lacets dans les contreforts marocains. De temps en temps on aperçoit les petits villages berbères typiques qui s’intègrent à merveille à ce paysage rouge-orangé.

Nous venons de dépasser le panneau d’Imlil, le taxi s’arrête et parle avec des gens qui attendent sur le bas coté. Quelques minutes plus tard, un homme arrive pour discuter avec nous. Nous payons le taxi et le remercions de nous avoir arrangé le coups...Cet homme est guide, il nous propose de boire un thé chez lui pour discuter de ce qu’on désire faire dans l’Atlas. La moitié de nos bagages sont dans sa voiture et l’autre sur une mule, nous nous dirigeons chez lui. Le légendaire accueil marocain se concrétise : du thé, des galettes avec du miel à la figue, de l’huile d’olive et du beurre. C’est un régal. Mais une mauvaise nouvelle nous attend, les cols sont très enneigés (Tizzi n’test) et il est impossible avec une mule de faire le petit tour du Toubkal. Ainsi il nous propose une boucle de 7 jours qui emprunte des vallées au nord du Toubkal sur des altitudes plus modestes. Nous sommes d’accord et notre muletier Lahcen nous attendra avec la mule pour 11h.

11h00

Petits villages de montagne

La mule est prête, nous faisons connaissance avec Lahcen. Il ne parle que le berbère et l’arabe, il baragouine cependant quelques mot de diverses langues mais il est difficile de pleinement se comprendre. Nous demandons au guide s’il est possible de faire le plein d’essence (pour le réchaud). D’après lui il est possible de le faire que sur Asni, il nous fera passer la bouteille pleine au prochain village carrossable. La marche débute par une superbe pente sous une canicule de plomb, petite mise en bouche un peu violente.

Un habitat regroupé

Nous passons notre premier col sans être gaillards. En France le climat est particulièrement froid, et ici on ne peut pas dire qu’il fasse vraiment frais... Cette variation thermique si soudaine nous a bien fatigués. Surprise au col : il y a un bar aménagé et des vendeurs de bijoux. Voilà qui est plutôt inattendu ! Aline a beaucoup de mal à expliquer au vendeur qu’elle ne porte pas souvent de bijoux...quelques minutes plus tard nous voila arrivés au village de Tachedirt.

Est il prudent de stationner ?

15h00

Nous arrivons dans un gîte. Abdel-Aziz (le gardien), Lahcen et nous prendrons le repas tous ensemble sous une chaleur encore bien pesante. Aline en profitera pour faire la sieste et récupérer pendant que Gérard, Abdel-Aziz et moi-même faisons l’ascension vers un village voisin. Impossible d’en sortir sans prendre le thé chez un villageois.

Petite epicerie

18h00

En rentrant, nous prendrons un bon repas et la soirée s’écourtera vers 21h dans une chambre au confort plus que spartiate.

Gite à Tachedirt
Gérard

Lundi 10 mai 2010

Nous partons après avoir préparé la mule et immortalisé notre passage chez Abdel-aziz. Le panneau solaire censé charger les piles pour l’appareil photo est inauguré (grâce au prêt de ficelles par Lahcen), il prend désormais place sur le dos de la mule pour profiter d’un ensoleillement maximum. Nous l’appellerons la Mule solaire !

Abdel-aziz
Ruelle

Nous traverserons plusieurs villages tel que Ouanesekre, puis Ikkiss, Amskere, Arf, Limska et enfin Imiourhlad et cela dans un milieu quelque peu aride. Nous passons de vallée en vallée, et toutes ont les mêmes caractéristiques : très vertes auprès des oueds (rivière ou fleuve) ou telets (ruisseau) et aride au dessus des villages qui bordent les points d’eau.

L’irrigation est indispensable dans les vallées
Village typique de l’Atlas

Dans chaque village traversé, les enfants nous demandent bonbons, stylos, chocolat ou argent. Parfois ils marmonnent "photo, photo !!". Inutile de les prendre en photo car en berbère photo semble signifier lunettes. De surcroit dans ces villages reculés beaucoup de berbères sont superstitieux : ils ont peur de se faire capturer leur âme lorsqu’ils sont photographiés.

Marcheuse avertie

Nous avons put admirer les premières cultures à étage avec un système d’irrigation spectaculaire de plusieurs kilomètres de long. Des trappes en fer permettent de choisir les cultures que l’on souhaite irriguer en contrebas, un système qui autorise une régulation précise de l’eau.

Des cultures à étage
Il y a deux mules, devinez lesquelles ?

Sur le trajet nous avons bu le thé chez une famille dont l’accueil a été particulièrement chaleureux. Avec notre muletier Lahcen nous arrivons à mieux nous comprendre, ce qui nous donne l’occasion de bonnes blagues.

L’élevage est répandu dans l’Atlas
Un acqueduc moderne

Le gîte dans lequel nous passerons la nuit est plus luxueux que celui d’hier.

Mardi 11 mai 2010

Départ d’Imi Ourhlad fulgurant car la mule a décidé une fois attelée de nous mener un rythme d’enfer. La côte qui permet de sortir du village aura raison d’Aline qui est déjà à moitié morte !! Durant le trajet on croise vers 10h les enfants qui partent à l’école. Lahcen attrape la mule pour lui faire ralentir un peu la cadence. Il faut ménager Aline pour qu’elle finisse les journées dans de bonnes conditions, pour mon père et moi c’est une ballade de santé à peine qualifiable de randonnée. Aline semble satisfaite du nouveau rythme et la mule aussi car elle ne pense qu’à manger.

Des couleurs vives !

Nous marcherons vers Taddert, puis vers Agouinane, et nous nous arrêterons vers Aït Aïssa. C’est une journée de brume qui a beaucoup de mal à s’en aller jusqu’à midi. La journée est fraiche et la mule solaire est donc moins efficace. Le midi nous mangerons sur le chemin avec passage de chèvres où nous aurons notre premier contact avec les fourmilières marocaines. En allant sur une colline au dessus du chemin, nous apercevrons les 1er sommets de plus de 3000 mètres avec un enneigement relativement important. Lahcen fait sa grosse sieste journalière puis nous reprenons la marche. Nous traversons de sublimes villages dans des vallées où la roche prend des couleurs changeantes du rouge au turquoise en passant par le vert. Nous savions que la géologie était riche : c’est une merveille pour les yeux.

La végétation est rustique

En fin de soirée, mon père et moi partons faire une petite excursion de 2-3 h vers un sommet proche de 2500m. Nous sentions que nous n’avions pas assez marché. Aline reste au gite et fait connaissance avec 2 bretons (Isabelle et Sylvain), ainsi qu’avec des suisses qui sont précédés d’une caravane impressionnante (guides, muletiers et cuisiniers).

Une géologie variée

Au soir dans le gîte nous prendrons notre premier repas berbère : un tajine omelette avec tomates, oignons, échalotes, épices avec le pain berbère qui va bien. C’est un véritable délice.

Quelle richesse minérale

Voila le début d’une nuit bien fraiche, une brume fine tombe peu à peu. Nous choisissons de dormir sur la terrasse, cela nous permettra de tester la température durant la nuit à 1850m. Au gite tout le monde semble étonné et se pose la question de savoir comment nous allons dormir dehors ?! Lahcen nous fournit un tapis (quel muletier !!). Puis il se jette sur le 1er matelas gonflable et nous aide à gonfler les oreillers, il est assez perplexe et curieux à la fois de voir ce matériel. Le voila soulagé de savoir que nous passerions une bonne nuitée.

Mercredi 12 mai 2010

Nous partons de Aït Aïssa encore sous la brume accompagnée d’un vent frais. Nous ne profitons pas du paysage durant toute la matinée. Nous nous dirigeons vers les grandes cascades d’Azib Tamsoult. Nous atteignons un refuge à midi où nous retrouvons les deux suisses et leur caravane, puis nous déjeunons sur la terrasse au soleil.

Petit déjeuner

Saïd nous a préparé une assiette de riz et de légumes à la marocaine en entrée. L’après midi nous partons en compagnie des suisses avec leur guide Rachid pour les fameuses cascades en profitant d’un ciel parfaitement dégagé. La montée en valait vraiment la peine car les cascades sont de taille démesurée de 30 à 40 mètres. Aline redescend avec les suisses au refuge et Gérard et votre narrateur continuons l’ascension au dessus des cascades jusqu’au refuge de lepiney qui se situe à environ 3000 mètres d’altitude. Cette excursion nous prendra pas moins de 4 heures.

Cascade d’Irhoulidène
Refuge Lépiney

Après une mise au point entre les suisses et Rachid sur leur planning : petit bug, il leur manque une journée !! Ils partiront immédiatement pour le refuge du Toubkal. Les muletiers passeront par Imlil et les suisses et Rachid par les crêtes. En moins d’une demi heure nous nous retrouvons seuls au refuge avec le gardien Saïd. Mohamed, le gardien d’un refuge voisin vient nous rejoindre dans la soirée. Nous passerons une superbe soirée avec les berbères composés de chants et de bonnes rigolades jusqu’au moment où ils jugeront bon de repartir dans leur village rejoindre leurs gazelles respectives. En trombe ils descendent dans la vallée en faisant la course : un peu fou ces berbères !!

Paysage de haute montagne

Nous nous retrouverons à quatre dans le refuge avec la cocotte minute sur le feu et le tajine cuisant.
Il faisait vraiment froid dehors et la brume nous envahit à nouveau. Lahcen décide de faire un feu à l’intérieur du refuge nous obligeant à un repli stratégique vers l’extérieur. Riant à gorge déployée, nous sortons le foyer et ouvrons les fenêtres pour éviter l’asphyxie. Le refuge n’ayant pas encore l’électricité, Lahcen alluma la lumière au gaz qui ne fonctionnera qu’à peine 2 minutes, une réparation au sparadrap s’impose. On sent encore l’odeur du gaz qui fuit à travers le bricolage maison.

Cascades vue de haut

Voici l’un des meilleurs moments du séjour, nous mangeons une soupe dans laquelle nous rajoutons des morceaux de pain. Le repas se poursuit avec un tajine qui est composé de viande de mouton, légumes un peu brulés, assaisonnement avec du cumin et une épice rouge (Barbara ?).

Feu à l’intérieur du refuge

Finalement nous dormons dans le refuge avec des banquettes comme lit et oreillers.

Aline essaye de me disturber

Jeudi 13 mai 2010

Retour à Imlil sous une brume encore plus épaisse que les jours précédents : nous n’avons quasiment aucune visibilité. Nous croiserons un groupe composé d’une douzaine de VTT qui va perturber notre mule dans son élan. Elle prit un chemin de traverse après quelques ruades, Lahcen lui courant après. Gégé et moi, pressés de se dégourdir les jambes partons en trombe dans la montée terminal du col. Nous disposerons tout au long de la route des cairns ornés dont la signification doit encore demeurer mystérieuse à la plupart des promeneurs.

Gite de montagne
Cairn orné

Nous arrivons au col pour changer de vallée et nous croisons un énorme bétail composé de chèvres et de moutons. Les bergers nous offrent un thé et nous discutons avec un autre groupe tchèque. Il commence à pleuvoir, et le baromètre commence franchement à descendre. Il y aurait-il un lien avec les vocalises d’Aline la veille ou avec l’éruption du volcan islandais ??

Ca c’est du sucre en morceau
Le thé est une tradition au Maroc

La pluie devient plus dense lorsque nous arrivons chez notre guide Omar. Nous nous retrouvons avec deux hollandais qui eux aussi font une boucle autour du Toubkal. Lahcen nous invite chez lui pour prendre le thé et grignoter du pain avec du beurre. Il offre à Aline une petite boite berbère en métal. Nous faisons connaissance avec sa famille, son fils, ses deux filles et sa femme ainsi que son petit fils. Seul son fils savait lire et écrire, il fera l’interface entre nous et son père. Lahcen nous montre ensuite les photos et cartes postales qu’il avait reçu de ces différents clients depuis qu’il était muletier (à l’age de 18 ans).

Aline fait preuve d’autorité
Chez Lachen

Nous regagnons ensuite le gite et Omar nous offre un repas du soir bien complet avec Soupe, Couscous et Thé. La pluie tombe de plus en plus et l’énorme averse est totalement inattendue pour une journée de mai. Obliger de rallumer le chauffage à gaz et de se blottir sous les couvertures pour finir le repas. L’eau commence à filtrer et traverser la terrasse au dessus de nous, et commençons à prendre l’eau par endroit. Nous disposons des sceaux à droite à gauche...

Il fait froid

Heureusement que la nuit sera passée dans le gite car les précipitations sont importantes.

Vendredi 14 mai 2010

Aujourd’hui départ de chez le guide Omar pour rejoindre le refuge du Toubkal. A notre réveil, grosse surprise : le paysage est tout blanc, il a neigé partout !! Il continue encore à pleuvoir et nous ne savons que faire, devons nous attendre un journée au gite que le temps soit plus clément ?? finalement non, la pluie s’arrête et la neige commence à fondre, le ciel bleu et le soleil reviennent à grands pas. Ouf, aucun décalage dans notre programme.

Imlil, point de départ pour le Toubkal

Lahcen nous rejoint avec la mule et nous prenons le chemin du refuge. Nous passerons à l’épicerie prendre pommes de terre, carottes, oignons rouges, viande de mouton car Lahcen a pour projet de nous préparer un tajine le soir au refuge (5kg pour moins de 50 dirhams).

Ancienne vallée glacière

En passant dans Imlil, les vendeurs nous accostent de toutes parts dont un vendeur de bijoux illettré d’une cinquantaine d’années qui connaissait les départements français par cœur sans jamais y être allé : bluffant !!

Lahcen, notre muletier

Nous débutons l’ascension sous un ciel bleu tel que nous ne l’avions plus vu depuis 3 jours. Finalement Lahcen régla le tempo de la mule et du groupe de manière à ce qu’Aline progresse sans difficultés. Sur le trajet, nous prendrons une pause d’une vingtaine de minutes pour assister à la naissance d’un petit chevreau noir.

Naissance du cheveau

Pendant notre pause du midi, nous observons la mise à mort d’une vache dans le village situé sur le versant opposé. Des choucas nous survolent régulièrement, à l’affut du moindre reste de nourritures. Après une pause avec thé mais sans sieste, nous entamons la montée qui comporte environ 1000 mètres de dénivelé. En chemin nous faisons une halte dans un stand situé à une heure de marche du refuge dans lequel nous prendrons à nouveau le thé.

Il a neigé il y a peu

Nous apercevons les deux refuges, le premier marocain est le refuge dit "des mouflons" et le second est un refuge Club Alpin Français. Le CAF coute 90 dirhams la nuitée contre 110 aux mouflons mais Lahcen tient absolument à s’arrêter au premier refuge pour pouvoir faire plus librement la cuisine. En effet après avoir troqué plusieurs légumes et épices avec d’autres cuisiniers du refuge, Lahcen nous apporte le tajine tant espéré qui s’avèrera comme à l’accoutumée : excellent !! La cuisine berbère est vraiment savoureuse et l’on s’y habitue très vite.

Cahute touristique

Nous avons décidé de dormir dehors ce soir, Gégé et moi à la belle étoile et Aline dans la tente près de deux étudiants marocains de Rabat. Ceux ci semblent sous-équipés pour effectuer l’ascension du Toubkal. Lorsque qu’ils apprennent que nous envisagions de dormir dehors, ils affirmèrent que nous serions morts demain matin. Nous nous rendons compte qu’il n’est pas courant de dormir en altitude à la belle étoile et tout le monde nous invite formellement à dormir au gite. Outre l’aspect commercial et financier, les tenanciers du gite s’inquiètent tout de même pour notre sécurité. Nous nous acquitterons de 100 dirhams pour trois alors que deux d’entre nous dorment dehors.

Refuges du Toubkal

Aline fait connaissance au coin d’une cheminée avec un couple de français de Haute-Savoie qui envisage le sommet du Toubkal le lendemain alors que nous montons la tente. Nous interrogeons Lahcen sur la difficulté de l’ascension, pour savoir si Aline est en mesure de la réaliser. Sa réponse est sans appel, il semblerait plus indiqué qu’Aline se repose au refuge (3150 mètres). Mais comme dit souvent Lahcen "c’est comme tu veux !!". Au final, la décision est prise, Aline nous attendra au refuge.

Samedi 15 mai 2010

6h00

Lever pour Gégé et Niko et rangement rapide du camps, réorganisation des sacs pour effectuer l’ascension. Nous mangeons de façon symbolique et décollons 5 minutes plus tard pour suivre des groupes déjà engagés car nous n’avons pas de guide. Lahcen restera au refuge avec Aline, elle restera dormir jusqu’aux premiers rayons de soleil. Lahcen lui prépara ensuite un petit déjeuner composé de thé, pain, beurre, confiture, et vache qui rit.

Il y a plus de neige au dessus de 3800m

Au delà des 3900 mètres, nous ralentissons un peu. Nous avons doublé de nombreux groupes durant l’ascension mais une envie de vomir nous indique qu’il est peut-être nécessaire de ralentir la cadence. J’envisage de couper le chemin de crête pour essayer de doubler les espagnols qui nous tiennent tête. Ils arriveront tout de même quelques minutes avant moi au sommet. J’attends Gérard en compagnie d’une Française ayant tous les symptômes du mal aigu des montagnes. 30 minutes plus tard, il me rejoint et après une myriade de photos, nous nous décidons à redescendre d’un bon pas. Le panorama du sommet est sympathique même si nous regretterons un peu le manque de neige. Un grand nombre de sexagénaires que nous avions croisé à l’aller ont certainement fait demi tour car nous ne les croiserons pas ni au sommet, ni à la descente.

Sommet du Toubkal avec sa pyramide de métal

Je reviens au refuge après 4h30 aller retour, et Gérard boucle le sommet en 5h30. Nous sommes dans les premiers à regagner le refuge. Le temps de boire un thé, de faire une petite sieste et nous reprenons la route pour la fin de notre périple en compagnie de Lahcen (descente vers Imlil). Nous emmenons avec nous les deux jeunes marocains (et leurs sacs) dont l’un d’entre eux a subi une ophtalmie due à une manque de protection lors de l’ascension. Il se retrouve comme aveugle, les yeux gonflés, rouges et en pleur. La descente nous parait infinie, enfin nous arrivons au centre d’Imlil.

Vu sur l’anti-Atlas

Nous prenons un jus d’orange et du Coca Cola et nous discutons d’itinéraires possibles pour les quelques jours qui nous restent avant notre retour à Marrakech. Nous remercions Lahcen pour tost ces bons services et moments passés ensembles. Il nous aura bien fait rire et il aura bien pris soin de nous durant le séjour.

Vue sur l’Atlas

Après avoir grimpé 1000 mètres de dénivelé et en avoir descendu 2000, nous voila seuls avec nos sacs totalement hagards. Nous n’avons ni guide, ni mules et nous ne savons où aller. Lahcen nous indique la sortie d’Imlil et nous prenons la direction Taddert que nous traversons rapidement. A l’entrée du village d’Aguersioual, nous trouvons un petit coin avec un canal d’irrigation et u chemin à proximité. Nous ne nous faisons pas prier pour dormir, ce fut une journée chargée.

Descente vers le refuge

Dimanche 16 mai 2010

Première journée seule, nous nous rendons rapidement compte que les chemins à emprunter ne sont pas si évidents que cela, même avec cartes et GPS car ici aucun panneau n’indique les villages avoisinants. Nous parvenons tant bien que mal à nous diriger grâce aux indications des personnes rencontrées sur notre chemin.

Un lever difficile
Des paysages inoubliables

Au programme ce jour : passage de deux cols, le premier Tizzi N’Aguersioual pour arriver à Amskere (autre vallée à coté d’Imlil). Ascension et descente dans la matinée et nous trouvons un coin sympathique à l’ombre de noyers et proche dune d’irrigation pour nous restaurer.

Jeune berbère
Encore des sentiers colorés

Nous faisons la rencontre d’un jeune garçon qui nous dirigea vers son village et nous indiqua le bon itinéraire pour le second col (Tizzi N’Tiretene) en direction du village d’Imsourene. Nous dormirons encore une fois à la belle étoile, nous attirons l’attention de quelques personnes sur notre promontoire à coté du ruisseau.

Rare source d’ombre
Les villages sont perchés sur les montagnes

Première douche de nuit pour Niko au ruisseau et lavage de quelques habits puis feu de poubelle à l’essence. Une pierre chacun au bout de pieds pour éviter le contrebas durant la nuit.

Moyenne montagne
Paysage contrasté

Lundi 17 mai 2010

Premier réveil sans petit déjeuner, nous constatons une diminution importante de nos sacs de nourriture. Par chance en traversant les premiers villages, l’hospitalité berbère nous rendra bien service (vers Agadir, le village...). Mohamed nous accueille dans son salon et nous apporte du pain encore chaud, du thé, du beurre, de l’huile d’olive et de la confiture. Des berbères nous guident vers le bon chemin gracieusement, nous passerons un col et progresserons rapidement. Peut être nous devrions ralentir !! Nous passons Tidli et allons vers Tissili.

L’hospitalité berbère
Quelle maconnerie en pierre seche

Nous nous arrêtons pour établir le campement avant ce village. Nous ne marcherons que le matin. Un grand noyer nous attire et un terrain idyllique apparait : zone plate, un ruisseau avec une petite cascade. Une grande opération nettoyage a lieu : lessivage au savon des vêtements, essorage rudimentaire puis étendage précaire (rochers les mieux exposés). Nous profiterons d’un climat agréable pour passer à la douche. Après ces rafraichissements, nous passerons au ravitaillement alimentaire. "Le chef nous conseille ce jour : bolino de hachis-parmentier associé à un royco en purée puis un thé au miel à la bergamote".

Le paysage est vert
Les batons ca sert !

Le temps devient tendancieux, quelques formations nuageuses nous laissent perplexes. Puis beaucoup de vent pas moment, à suivre...
Gégé et moi décidons d’aller voir comme des "trous dans la roche" dans des falaises au dessus de notre campement : spéléo en vue ? Pendant notre escapade, Aline ramasse du bois pour la préparation du foyer de ce soir. Ici le terrain est vraiment sec, brindilles au programme car les souches des arbres morts environnants ne sont pas prêtes d’être délogées du sol.

Demoiselles coiffées
Jour de lessive

Avant notre feu de joie, petit souper et le chef nous propose ce soir : "pâtes au thon au royco à l’oignon". Des insectes par milliers jonchent le sol, les roches deviennent de véritables hôtels à coccinelles. Notre feu s’éternise jusqu’à la nuit (1h30 du matin) avec du bois, et des poubelles.

Séchage...
Visite des mines

Sur une zone dé-pierrée, nous installons notre couchage à l’écart du noyer et donc des coccinelles. Nous nous rendons vite compte que ce beau terrain n’est autre qu’une belle savonnette pour la nuit.

Entrée de mine
Hotel à coccinelles

Une fois installés, nos grosses pierres disposées à nos pieds nous ont été utiles. Le climat sera finalement clément durant la nuit, mais nous finirons ratatiner sur nos cailloux.

Un petit feu ;)
Veillée auprès du feu

Mardi 18 mai 2010

Sur une piste très facile à suivre, nous quittons notre vallée idyllique pour passer le dernier col important des contreforts de l’Atlas. Le paysage se verdit et les cultures fleurissent tout au long de notre parcours. Notre ventre crie famine car nous n’avons rien pour déjeuner. Au passage à proximité d’un village, des gens nous invitent à prendre le thé chez eux avec quelques collations dont les berbères ont le secret.

Petite collation
Si Aline nous guide, on est mal !

Nous reprenons notre route pour descendre dans la vallée menant vers Asni. Nous trouvons meilleurs chemins que le lit asséché d’un oued que nous parcourons en compagnie d’une femme berbère se rendant dans un village en contrebas. Nous hésitons longuement à la prendre en photo, mais à peine nous séparant nous restons figés quand celle-ci dégaine son appareil photo pour nous prendre ...

Nous quittons la montagne progressivement
Le relief s’assagit rapidement

Le temps semble menaçant, nous sommes arrivés dans le creux de la vallée prés de la rivière. Nous envisageons de dormir dans le creux de la montagne dans un abri naturel sous roche. Aline non contente de cet perspective nous obligea à envisager une autre solution. Aussi nous dormirons à la belle étoile, calés sur un arbre.

Un abri de fortune ?

Mercredi 19 mai 2010

Nous poursuivons la piste au matin, et nous continuons à perdre de l’altitude. Nous croisons maintenant sur la piste des convois improbables dont la sécurité nous laisse perplexe. Quelques vieux reliquats de travaux sur cette piste nous amènent au contact à la civilisation.

Bus berbère
Vestige automobile

Nous débarquons dans la ville d’Asni, plus perdus que jamais. Dans notre désarrois, un guide marocain arrête son véhicule pour nous proposer son aide que nous acceptons volontiers. Il nous propose un accueil villageois pour la nuit avec pension complète.

Un repas chez l’habitant

Nous le suivons, et nous retrouvons dans une famille berbère avec un confort dont l’habitude nous avait quitté depuis longtemps. A peine arrivés, on nous sert un repas digne de la faim qui nous animait. Durant l’après-midi nous accompagnons les deux filles pour faire les courses au marché pour le repas du soir.

Aline prend des notes pour rediger ce compte rendu

Le repas du soir, ainsi que les activités annexes furent fort agréables. Nous pûmes prendre une douche chaude qui ne fut pas de refus !! Nous dormirons dans un salon de toute beauté.

Jeudi 20 mai 2010

Après un petit déjeuner copieux, nous nous dirigeons vers la place d’Asni où les taxis attendent leur clientèle. Après une petite négociation, nous paierons 70 dirhams le trajet pour 3 jusqu’à Marrakech.

Marché d’Asni
Monument a Marrakech

Au centre de Marrakech, nous trouvons un hôtel près de la grande place dont le prix défiait toute concurrence (70 dirhams la nuitée par personne). Les restaurants aussi étaient forts compétitifs sur la grande place principale qui regorge d’activités humaines.

Grande place de Marrakech
Le souk

Nous découvrirons durant l’après midi les souks et les tanneries de Marrakech dont l’agitation nous agace particulièrement. Après 2h30 d’errance dans les rues étroites et bondées sous un soleil de plomb, nous regagnâmes l’hôtel avant de passer à la sieste.

Les tanneries, haut lieu de la puanteur
Vente d’épices

Après un repas sans histoire, nous folâtrons dans les rues de Marrakech la nuit, dont l’agitation dépasse l’entendement.

La nuit la vie bat son plein
Quelques marchands font leur numéros

Vendredi 21 mai 2010

Une ville animée

Nous passerons une matinée dans les jardins de Marrakech auprès d’une grande mosquée avant de regagner l’aéroport en taxi.

Grande Mosquée
Les cigognes nichent dans les jardins

Samedi 22 mai 2010

Départ de Marrakech en avion à 10h30 après une nuit dehors aux portes de l’aéroport.

L’Aeroport, merveille d’architecture

2 Messages

  • Maroc 2010 11 mai 2010 00:33, par ma et jojo

    aujourd’hui 11 mai, nous pensons à vous trois, bisous et bonne chance pour votre nouvelle aventure. Ma et Jojo

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mardi 15 février 2011, par Niko le mégot

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